Cyrille se bat contre un cancer du pancréas : « avec la Ligue contre le cancer, ça a matché »

Viktor enseignant en activité physique adaptée pour la Ligue contre le cancer vient chaque semaine chez Cyrille, malade du cancer pour un cours de gym particulier 

Depuis un an, Cyrille est soigné pour un cancer. Son traitement de choc il le supporte grâce à des cours de gym adaptée à domicile, de la sophrologie, du shiatsu. Avec la Ligue contre le cancer, il a trouvé des armes pour vivre mieux
Au milieu du salon, jamais très loin des jouets de ses filles, Cyrille soulève ses poids. Tire sur ses muscles. Travaille ses abdos. Il a 43 ans et il y a juste un an, la veille du confinement, le jeune ingénieur bordelais apprend que ce mal au ventre qu’il traînait depuis quelques semaines, était le symptôme d’un cancer du pancréas. Alors que l’épidémie de Covid bouffe toute l’attention du monde, lui, encaisse un uppercut. « J’ai pensé à mes filles. Si petites. Je me disais ça va aller. Heureusement, atour de moi tout le monde était désorienté à cause du Covid, ça a détourné l’attention, il valait mieux se souvient-il. J’ai été pris en charge à la Clinique mutualiste de Pessac, où tout était déprogrammé à cause de l’épidémie. »

Cyrille sourit face à ce paradoxe. « J’ai été super bien traité. Les infirmières, les aides-soignantes, les médecins… ils avaient du temps pour moi. On n’a pas traîné, j’ai commencé très vite les séances de chimio. J’étais jeune, fort, sportif, un atout. Mais, j’ai commencé à perdre du poids, beaucoup, très vite C’était violent. J’ai senti pour tenir, qu’il me fallait de l’aide. » Par le bouche-à-oreille, il entend parler de la Ligue contre le cancer, en plein confinement les locaux du comité Gironde à Bordeaux sont fermés. La tuile. En revanche, la permanence téléphonique veille. Lorsque Cyrille, appelle une voix amie lui répond : « Et là, ça a matché tout de suite, applaudit-il. Quelqu’un de bienveillant, qui sait de quoi et comment je souffre m’a écouté. La première chose dont j’avais besoin, c’était de canaliser mon anxiété et la première chose que la Ligue m’a proposée fut la sophrologie, sur mon ordinateur. »

Un kilomètre autour de la maison
Après son mois d’hospitalisation, le retour à la maison est en effet compliqué pour Cyrille. Il est si fatigué physiquement, il ne se reconnaît déjà plus. « À ce moment, je ne me voyais plus assumer mes responsabilités de père, pas la force. C’était terriblement dur d’être face à ça. » Alors, la sophrologie est arrivée en premier recours, puis le shiatsu après, les cours de sport à la maison, avec Viktor Guimbaud, enseignant en activité physique adaptée à la Ligue. Il apprend à faire avec des hauts et des bas.

« Les régressions sont très difficiles, il ne faut pas lâcher. Les médecins ne font pas de pronostics, je n’en attends pas, je tiens. » Marche après marche, Cyrille doit réapprendre à se nourrir autrement, son corps ne supporte plus certains aliments. La diététicienne de la Ligue va lui donner les bonnes recettes. L’heure de sortie à un kilomètre autour de chez lui, sera son rayon de soleil quotidien et d’ailleurs, le beau temps se révèle comme étant son meilleur médicament : « Incroyable le plaisir que je prends à profiter d’une éclaircie. Chaque fois qu’il y a des périodes de beau temps, je reprends du poids ! » admet-il.

Des aides adaptées à chaque étape
La Ligue contre le cancer construit avec lui un parcours individualisé, qui suit le cheminement de sa maladie. « Ils savent déjà ce dont on a besoin. Lorsque j’ai dit que j’avais des engourdissements au bout des doigts, dans les pieds, j’ai eu droit à de la réflexologie plantaire. Ces symptômes sont classiques pendant les traitements. Il faut accepter son corps qui change, moi par exemple, j’ai perdu mes cils. C’est bête, à dire, mais les cils c’était la marque de fabrique de la famille, comme si mon identité s’effaçait. »

J’ai commencé à y croiser des gens, comme moi, j’ai découvert une fraternité
Aucune souffrance n’est négligée, même infime. À la fin du confinement, Cyrille s’est rué vers les locaux de la Ligue contre le cancer, boulevard Roosevelt à Bordeaux. Besoin de se colleter en vrai avec des gens, qui comme lui, « savent ». Des homologues. « D’abord, j’ai tout de suite aimé l’endroit, assure-t-il. Rien à voir avec des bureaux glacés, une véritable maison, chaleureuse. Et lorsque j’ai commencé à y croiser des gens, comme moi, j’ai découvert une fraternité. »

Les cours en présence n’ont pas repris, Viktor vient encore au domicile de Cyrille pour le sport : « J’adapte le cours, en fonction de son état et de son traitement commence l’enseignant. L’enjeu ? Casser la sédentarité, le repli sur soi, regagner du muscle, de la confiance en lui. » Et se dépasser toujours un peu. Cyrille pose des cailloux chaque jour sur son chemin pour avancer, des objectifs, planter un arbre dans son jardin, marcher plus loin, courir et… partir dans une estive des Pyrénées avec un berger et ses moutons. Ça, il l’a fait, au mois de septembre, trois jours à la dure. Des levers de soleil majestueux sur les crêtes. « En rentrant j’étais vanné, mais jamais je n’ai eu une aussi bonne formulation sanguine ! »

© Crédit photo : Guillaume Bonnaud / “SUD OUEST”
Par Isabelle Castera – 
Publié le 13/03/2021

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