Par Sandrine Mancipoz
 
On parle de cancer colorectal car il comprend le colon et le rectum. Le colon correspond aux 20 derniers centimètres de l’intestin, explique le Professeur Dominique Jaubert, Président de la Ligue contre le Cancer Gironde qui était l’invité de la Matinale de TV7.

Le cancer du côlon a deux particularités : il se développe sur des lésions précancéreuses qu’il est possible de dépister. Lorsqu’il est diagnostiqué tôt (avec une taille de cancer petite et peu évoluée), il est accessible au traitement ce qui permet des guérisons dans 9 cas sur 10.

 

C’est un cancer fréquent., le 2ème le plus meurtrier en France (17 500 décès par an). Chaque année, 45 000 personnes sont diagnostiquées. Ce cancer touche aussi bien les hommes (60 %) que les femmes (40 %). Il est important de rappeler que le dépistage du cancer colorectal est ciblé sur une catégorie de personnes, à savoir les 50-74 ans.

Pour qu’un dépistage soit efficace, il faut qu’il s’adresse à une « population » parmi laquelle la maladie est assez fréquente. L’âge moyen de diagnostic du cancer colorectal est supérieur à 50 ans. Ces personnes sont donc dépistées prioritairement dans le cadre d’un dépistage organisé. Ce qui ne veut pas dire que des gastro-entérologues ou médecins généralistes ne pourront pas proposer à des patients plus jeunes, suivant le terrain, les circonstances, les antécédents familiaux un dépistage plus précoce.

 

Kit de dépistage

Dans le cadre du dépistage organisé, chaque personne âgée de 50 à 74 ans reçoit à son domicile un courrier. Depuis le 1er mars 2022, il est possible de commander son kit de dépistage sur internet (auparavant il fallait se rendre chez son médecin généraliste pour l’obtenir). Le test est extrêmement simple : il suffit de prélever un échantillon de selles à mettre dans un tube qui est ensuite envoyé à un laboratoire centralisé.

 

Le test consiste en un dépistage de traces de sang dans les selles. Si le test est négatif, il suffit à la personne d’attendre deux ans pour participer de nouveau au dépistage organisé. Si le test est positif le patient est orienté vers un gastro-entérologue qui réalisera une coloscopie. Celle-ci permettra de montrer l’existence d’un cancer ou d’un polype qui va pouvoir être enlevé.

La participation des Girondins au dépistage organisé est encore faible. « Dans le cadre du dépistage, des personnes qui n’ont rien ont peur qu’on leur découvre quelque chose. Il y a une crainte et une réserve de ce qui va être trouvé. D’où l’importance d’en parler, de démythifier les choses.

 

De nombreux événements sont organisés en Gironde pour sensibiliser le public au dépistage dans le cadre de Mars bleu avec notamment le colon tour (colon géant gonflable qui permet de se rendre compte de ce qu’est un polype, un cancer) qui se déplace dans différents lieux du département. Des marches sont également organisées car l’activité physique est très importante dans la prévention du cancer. Ces marches sont aussi l’occasion d’échanger autour du dépistage. La prochaine aura lieu à Artigues le 19 mars.

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